Carnet de voyage

Journée de transition

Tout commence à Bourges, au pied de la cathédrale. Les vieilles pierres sont immobiles, les vélos sont bien rangés dans le coffre, et nous, pour une fois, nous avons quatre roues sous les fesses.

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Le trajet, long mais en grande partie avec autoroute à nécessité quelques poses. L'envie d'en découdre était présente...

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Bien entendu, il a fallu, très en amont, définir le projet, le tracer, trouver les hébergements, mettre en forme le road-book pour celui d'entre-nous qui accompagne le groupe avec le véhicule assistance qui est aussi le véhicule ravitaillement. Il faut, dans ce préparatif définir le point de point méridien avec table et banc.... Mais une fois préparé....

Une manière assez confortable, finalement, d’aborder un raid VTT.

Nous quittons Bourges, ses plaines, ses routes sages, ses horizons où les jambes n’ont aucune raison de s’inquiéter. Mais à mesure que nous roulons vers le sud, quelque chose change.

Le paysage se soulève. Les vallées apparaissent, puis petit à petit, se ressèrent. Les sommets se rapprochent.

voilà le lac de Serre Ponçon qui est l'entrée officielle dans la vallée de l'Ubaye.

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On comprend que la montagne n'est pas seulement un endroit où l'on monte : c'est un monde qui se dévoile. Et, insidieusement, le raid commence à prendre forme. Après la pause du midi, nous remontons la vallée de l’Ubaye. Ce n’est plus seulement un trajet pour rejoindre le départ. C’est déjà une première immersion. Nous regardons ces paysages, tentons de d'apercevoir une trace qui sera peut- être la notre demain. Les torrents nous accompagnent, tristes car peu actifs par manque d'eau, les villages s'accrochent aux pentes, et les lacets commencent à nous rappeler, avec une certaine insistance, que demain...il faudra appuyer fort sur les pédales pour avancer. Chaque kilomètre nous rapproche du terrain de jeu…et du terrain d’épreuve. Les montagnes se dressent devant nous, magnifiques, imposantes, presque accueillantes. Presque.

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Car derrière leur beauté, nous devinons déjà les cols, les longues montées, les descentes techniques, les pierres qui roulent, les jambes qui brûlent et cette question qui finira forcément par surgir : « Mais pourquoi avons-nous choisi le VTT plutôt que la pétanque ? ». C'est vrai, que, chaque soir, à l'arrivée de chacune de nos étapes depuis 10 ans, nous prenons 5 minutes pour apprécier la fraîcheur d'une bonne bière....et on est bien.

Nous continuons vers l’Ubayette. La montagne se fait plus sauvage. Les routes se resserrent, les paysages s’agrandissent, et le silence devient presque solennel. La montagne décide à ce moment là de retirer tous ses derniers artifices. Petit à petit, nous entrons peu à peu dans le véritable univers du raid. Ici, la montagne ne se contente plus d’être belle. Elle annonce les règles du jeu. Elle sera notre décor, notre terrain, notre adversaire parfois, mais aussi notre récompense. Chaque sommet aperçu depuis la voiture est comme une promesse de ce que nous allons devoir conquérir à vélo. Chaque lacet observé devient une petite leçon d’humilité. Chaque pente nous rappelle que demain, ce ne sera plus le moteur qui travaillera. Ce sera nous.

Nous approchons enfin de la frontière. Et cette frontière, cette porte, prend une autre dimension. Ce n’est pas seulement une ligne entre deux pays. C’est la frontière entre l’approche et l’aventure, entre le confort du véhicule et la rudesse du VTT, entre ce que nous imaginons du raid et ce que la montagne va réellement nous faire vivre.

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Ce soir, nous dormirons là-haut. 
Les vélos attendront sagement dans leur parc, roues sous pression, mais pas trop. Les sacs seront prêts. Les chaussures seront posées au pied du lit. Et nous regarderons une dernière fois le GPS afin de voir s'il est bien chargé, si la trace du lendemain est positionnée et les yeux seront rivés sur deux paramètres : la distance et le dénivelé...

Et nous essaierons probablement de faire semblant de ne pas penser à demain. Car demain, il n’y aura plus de voiture. Plus de moteur pour nous hisser dans les cols. Plus de coffre pour transporter nos affaires. Plus de possibilité de dire : « Allez, encore quelques kilomètres et on y est. ». Peut-être même qu'à la lecture des deux paramètres mentionnées ci-dessus, nous aurons deux à trois chauffeurs le matin pour mener le véhicule assistance..

Demain, chaque kilomètre sera gagné. Chaque montée aura son prix. Chaque descente son lot d’adrénaline. Chaque sommet sera une petite victoire. Et pourtant, c’est précisément pour cela que nous sommes venus. Parce que le raid ne commence pas au premier coup de pédale. Il commence aujourd’hui. Il commencait à Bourges, lorsque nous quittons la cathédrale et le monde familier. Il commence sur la route de l’Ubaye, lorsque les montagnes remplacent peu à peu les plaines. Il commence dans l’Ubayette, lorsque la beauté devient sauvage et que l’on comprend que le terrain ne nous fera aucun cadeau. Il commence à la frontière, là où nous allons poser nos roues, nos sacs, nos doutes et nos ambitions.

Alors ce soir, devant les sommets, nous regarderons la montagne autrement. Avec émerveillement, bien sûr. Avec respect, certainement. Avec un peu, beaucoup d’appréhension aussi. Parce que nous savons désormais que derrière ces paysages magnifiques se cachent les difficultés qui nous attendent. Mais c’est justement ce mélange de beauté et de difficulté qui donne au raid toute sa valeur. C'est un immense terrain d'aventure : beau, sauvage, exigeant, parfois rude, mais précisément pour cela, profondément désirable.

La montagne nous ouvre ses portes. Nous sommes arrivés au seuil. Demain, il faudra les franchir…à VTT. Et cette fois, il n’y aura vraiment plus de moteur à explosion, mais pour certains, une assistance électrique qu'il faudra utiliser avec parcimonie si l'on veut rejoindre la fin de l'étape. Pour d'autres, la gestion du potentiel physique sera une priorité avec pour maître mot : connaître sa valeur.

La route depuis Bourges nous a conduits jusqu'ici. Le raid, lui, va maintenant nous demander d'aller un peu loin....surtout après un repas fini au génépi....

Responsable du groupe j'ai apprécié la cohésion de l'Equipe : toute la journée le groupe est resté soudé, pas un VTT devant l'autre, aucune discrimination entre VTTAE et VTT.... faut de la maîtrise....(remplie par la remorque)

j'arrête mon délire du soir car je suis dehors pour écrire et à 1800 m il fait frais...

 

J1 - col de Larche puis incursion en Italie et gagner Méolans-Revel en pass par Barcelonnette

Le sommeil en refuge, c'est quand même quelque chose de très spartiate ! Cela faisait X années que je n'avais pas dormi dans un refuge et, visiblement, certaines traditions ont la vie dure: rien n'a vraiment changé...j'ai passé une bonne partie de la nuit à compter les lattes du sommier...que je sentais chacune,une par une. Et , huit par chambre, autant dire que l'intimité est restée sagement à la maison. Mais bon, après une nuit un peu musicale avec grosses caisses et ronflements, un vrai folklorique, nous étions finalement bien reposés ce matin et prêts à repartir. La petite fraîcheur matinale était même la bienvenue pour nous remettre les idées en place !

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Dès le départ, après seulement quelques hectomètres, Jean-Yves, qui avait pris l'option de conduire le véhicule ce jour là, avait tout de même décidé de nous accompagner sur quelques kilomètres en VTT 

Mais au bout d'une certaine de mètres, il a commencé à avoir un léger doute...son guidon lui paraissait quelque peu étrange ! Et pour cause : il était à 180*! En descendant les VTT de la remorque, où les guidons étaient alignés dans le prolongement des cadres, Jean-Yves avait tout simplement remonté le sien à l'envers !

une petite pause technique plus tard, le guidon avait retrouvé le bon sens et Jean-Yves pouvait enfin prendre la route...dans la bonne direction, cette fois-ci.

Heureusement que le départ s'est fait sur du macadam ,car dès les premiers hectomètres, les jambes ont rapidement compris qu'elles allaient devoir travailler ! Sur seulement 3 kilomètres, il nous a fallu avaler 160 m de dénivelé positif. Une pente, certe pas sévère mais suffisante pour faire monter le cardio et faire ruisseler le front alors que la température était de 6*C.

Chacun avançait à son rythme, en serrant les dents et en essayant de ne pas trop regarder la route qui semblait s'élever toujours plus à chaque coup de pédale. Les derniers mètres sont toujours exigeants mais l'arrivée à la frontière italienne marqua enfin la délivrance : nous avions atteint le sommet du col de Larche. Après cet effort, il ne restait plus qu'à profiter de la récompense : une descente vers un petit lac italien. Cette fois, les jambes pouvaient souffler...et nous, savourer.

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Arrivés au bord du lac, nous sommes restés un moment en admiration devant ce petit écrin de beauté. Le soleil, encore doux, venait caresser la montagne d'en face et se reflétait dans les eaux tranquilles, dessinant un paysage presque irréel. Tout semblait s'être accordé pour nous offrir cet instant de grâce. Nous étions en extase, comme suspendus, hors du temps.

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Mais en montagne, les beaux moments sont souvent de courte durée....il fallait déjà repartir et remonter cette magnifique descente que nous venions de savourer, pour retrouver la France.

Sitôt la frontière franchie, une prise de chemin au coin d'une chapelle posée sur un promontoire et le décor changea. Le chemin se fit plus rude, plus escarpé, et la haute montagne commença véritablement à nous montrer son caractère. Pourtant, malgré la difficulté, il suffisait de lever les yeux. Les sommets, baignés de lumière, les vallées profondes et cette nature grandiose faisait presque oublier la rudesse de l'effort.

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Et c'est au cœur de l'effort, alors que chacun commençait à puiser dans ses dernières réserves, qu'Arnault découvrit le sublime. Devant, il suait sang et eau, allant jusqu'à tenir tête aux VTT électriques! Mais soudain, il nous fit signe de nous arrêter : "Stop"

A quelques mètres seulement, la montagne nous offrait un magnifique cadeau. Des marmottes étaient là, tout près de nous, parfaitement à leur place dans ce décor grandiose. Le temps s'est alors suspendu, lés vélos oubliés et l'effort relégué au second plan. Nous avons pu les observer tranquillement, presque à portée de main.

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Une belle récompense pour Arnault...qui, pour une fois,avait une excellente raison de nous faire mettre pied à terre !

Une fois le sommet atteint, ce fut pour nous tous un véritable soulagement. Après tant d'efforts, la descente qui s'annonçait ressemblait à une belle récompense. Quelques instants de bonheur à laisser filer les VTT, les jambes enfin libérées...

Mais ce petit moment de répit fut de courte durée. Très vite, la descente devint vertigineuse, au point de nous obliger à mettre pied à terre et à tenir nos VTT à la main pendant près de deux kilomètres. La montagne nous rappelait une fois de plus qu'elle décidait seule les règles du jeu.

Et dans cette descente particulièrement délicate, Michel, emporté par son élan, fit une rencontre un peu brutale avec le terrain....une chute qui nous rappellera qu'en montagne, même quand on descend, il faut rester concentré !

Remis en selle après cet épisode quelque peu mouvementé, nous avons pu reprendre tranquillement notre chemin. Après quelques kilomètres, nous avons enfin retrouvé une route, ce qui tombait plutôt bien : nous avions pris un sérieux retard sur l'horaire de la pause méridienne.

Nous avons donc profité de cette portion roulante pour emprunter la route sur environ trois kilomètres et gagner un peu de temps. Puis, en retrouvant un sous-bois, nous avons finalement rejoint Jean-Yves, qui nous attendait pour la pause du midi.

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Après tous ces efforts, cette pause arrivait à point nommé : les jambes avaient bien mérité quelques minutes de répit !

Claude a pris le relais au volant, permettant ainsi à Jean-Yves de profiter pleinement de son après-midi sur le VTT. Nous avons enchaîné quelques beaux singles, de belles descentes bien méritées, mais aussi quelques montées qui ont su nous rappeler que la journée était loin d'être terminée 

L'apres-midi fut d'ailleurs quelques peu mouvementée. Nous avons perdu Daniel en route, ne prenant pas le chemin spécifique aux VTT...Quand à Michel, fidèle à lui même, il nous a gratifié d'une nouvelle chute....décidément, la journée n'était pas avare en rebondissements !

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Mais avec calme et le temps avec nous, tout est rentré dans l'ordre et nous avons rejoint en flânant notre hébergement. Et comme souvent après une bonne journée de VTT, les petits incidents se racontent beaucoup mieux autour d'une bonne bière, bien fraîche, avant de passer sous la douche, puis de recharger tous nos appareils.

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Soirée sympa avec des hôteliers, anciens berrichons et basket.

L'étape du jour fut de 60,89 km pour 1299 m de dénivelé positif 

J2 - Méolans à Seynes par la station de ski de Montclar

La seconde soirée fut déjà un peu meilleure que la précédente : cette fois, nous n'étions que quatre par chambre au lieu de huit. Un vrai palace !

Enfin....dans notre chambre, quelqu'un avait visiblement décidé de lancer une carrière dans l'industrie ferroviaire : une véritable machine à vapeur ronflait juste au dessus de nous ( nous étions en lits superposés). Autant dire que la nuit fut quelque peu...sonore. À ce niveau là, mêmes les boules Quies avaient envie d'aller dormir ailleurs !

Mais bon, après un petit déjeuner salvateur, café, tartines, petits cakes, et reconstitution, tout le monde était d'attaque. Et il valait mieux, car la journée qui nous attendait était, en théorie, la plus physique de tout le raid. Autant dire qu'on allait rapidement savoir si le petit déjeuner était suffisamment solide...ou si nous, nous l'étions.

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Le plus malin de l'histoire, ce matin là, fut sans conteste Arnault. Il avait eu la brillante idée de prendre la direction du véhicule. Et, rétrospectivement, ce choix méritait largement une médaille. Car les 10 premiers kilomètres, qui, sur le papier devaient être une paisible mise en jambes quasiment plate, en suivant l'Ubaye jusqu'aux abords du lac déserte Ponçon, se transformèrent rapidement en véritable parcours du combattant.

Au programme : quelques bonnes montées, histoire de nous rappeler que nous étions bien partis pour faire du VTT....mais surtout des chemins parsemés de marches empierrées. Le genre de petite surprise  qui font immédiatement disparaître toute envie de pédaler. Il fallait alors pousser les VTT, les tirer, les soulever, les porter, parfois même se demander s'il ne serait pas plus simple de les jeter par dessus l'obstacle et de continuer à pied...bref, les 10 kilomètres tranquilles furent tout sauf tranquilles. Nos gambettes commençaient déjà à déposer une réclamation officielle. Mais après quelques efforts et beaucoup de transpiration, nous avons enfin vu le bout de cette première partie. Ouf! Nous étions enfin sortis de ce casse vtt à ciel ouvert.

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Et surtout, une question nous trottait déjà dans la tête : si c'était ça la partie facile...qu'est ce qu'ils nous avaient réservé pour la suite ?

Après ces 10 premiers kilomètres qui nous avaient déjà bien entamés, nous nous retrouvions enfin au pied de la muraille. Et là, changement de décor : il allait falloir grimper jusqu'à la station de Montclar.

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Le programme qui nous attendait était plutôt copieux : environ 1400 mode dénivelé positif sur 23 km....Autrement dit, il restait une belle addition à régler...et le compteur de kilomètres n'allait certainement pas nous faire de cadeau.

Face à nous, la montagne semblait nous dire clairement "vous vouliez du physique ? Vous allez être servis!"

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Il ne restait plus qu'à sortir les jambes, ranger les excuses au fond du sac et attaquer la montée. Parce qu'à partir de là, ce n'était plus une balade en vtt....c'était une négociation en bonne et due forme avec la montagne !

Oh, finalement la montagne se montra plutôt clémente avec nous...du moins au début !

Les trois premiers kilomètres se firent sur une belle route macadamisée, régulière et bien pentue, avec des pourcentages oscillant tout de même entre 6 et 13%. Mais, miracle, pas de pierres, pas de marches, pas de pièges cachés....juste une pente régulière qui nous permettait enfin de monter sans avoir à porter nos montures.

Chacun pouvait ainsi trouver son rythme, gérer son effort et avancer tranquillement à son allure. Les jambes commençaient certes à chauffer, mais au moins, elles travaillaient dans de bonnes conditions. Après 10 kilomètres de rodéo, cette montée avait presque des allures de boulevard!

Nous savions toutefois qu'il ne fallait pas trop s'emballer : quand la montagne commence à être gentille, c'est souvent qu'elle prépare quelque chose derrière.

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Au bout de ces 3 kilomètres plutôt civilisés, il a fallu tourner à droite. Et à droite nous attendait un mur. Pas une petite pente gentille, non, un vrai mur de terre et de pierres plus grosses les unes les autres. Et le GPS annonçait une pente à13% de moyenne sur 5 km. Le sourire des kilomètres passé disparut de nos visages. Là, on ne parlait plus de VTT, mais de survie en milieu hostile. Pedaler devenait mission impossible et, même pousser le VTT relevait de l'alpinisme. Après quelques minutes de réflexion ou plutôt après un conciliabule où chacun cherchait discrètement à convaincre les autres que ce n'était vraiment pas raisonnable, nous avons pris une décision historique : faire demi-tour. Nous avons donc redescendu , non sans une certaine amertume, les 3 kilomètres de montée.

Retour à la case départ....mais l'objectif était désormais clair : trouver une autre route pour rejoindre Montclar....

Malheureusement, la montagne avait décidé de poursuivre sa petite plaisanterie jusqu'au bout : nous étions désormais dans une zone où nos téléphones n'avaient aucun raiseau. Plus de raiseau, plus de liaison,plus de visibilité sur la direction....retour à l'âge de pierre....Et sans nos précieux écrans pour nous guider, nous sommes donc partis...dans la mauvaise direction. Et pas de quelques mètres, nous plusieurs kilomètres.Et cela sur un terrain descendant qu'il a fallu remonter...En remontant, nous avons retrouvé le réseau, qui nous a permis de remettre un peu d'intelligence dans notre expédition et, surtout, de trouver enfin la fameuse trace macadamisée qui devait nous conduire à Montclar. Soulagement général...enfin presque car le GPS annonçait 13 kilomètres de montée...

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Que cette montée fut longue...et pénible. Mais allez savoir pourquoi...le moral était toujours là. Peut-être l'instinct de survie, peut-être simplement l'envie d'en finir.Alors nous avons commencé à égrener les kilomètres restants. Lentement...très lentement. Et la délivrance avec Arnault criant : à gauche. Pendant le repas, j'annonçais une information qui, à peine prononcée, allait provoquer une certaine agitation autour de la table : le bikepark de Montclar. Daniel, Jean-Yves et Arnault, les trois malades de descente avaient les yeux qui brillaient. Après tout ce que nous venions de grimper, eux ne pensaient apparemment qu'à une seule chose : descendre 

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Après le repas, je les accompagnai donc jusqu'à la station. Et là, c'est comme si quelqu'un avait ouvert  la cage aux fauves. Je les regardais partir vers les remontées avec sagesse et pris la décision de ramener le véhicule à l'hôtel.

Les amis arrivèrent quelques temps après ravis du final tout en douceur et la soirée fut douce.

J'arrive en fin d'histoire et les amis sont au lit. Il est 23 h et ils ne m'ont pas transmis le coté sportif de la journée. Me concernant, j'ai effectué 37 kilomètres avec 1052 m de dénivelé positif. Eux ont fait environ une dizaine de kilomètres en plus et 250 m de dénivelé supplémentaire.

J3 - Seynes à Dignes les Bains

Aujourd'hui, une magnifique sortie VTT, des paysages à couper le souffle et de belles sensations....tout était en ligne jusqu'à ce qu'un accident vienne brutalement clôturer cette belle aventure. Mais je décide de garder une certaine chronologie et de narrer cette magnifique journée.

Tout commence à Seynes, avec la Team, qui avait passé une excellente soirée et un repas succulent. Nos VTT poussiéreux étaient montés par des hommes en confiance totalement injustifiés, mais il y a des jours comme cela. Le programme était simple : traverser le Massif des Mauges et finir en passant par les Terres Noires. 
"Ça va être tranquille", qu'ils avaient dit....phrase officiellement interdite dans le vocabulaire du VTT,

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Les premiers kilomètres sont avalés dans le bonne humeur, malgré les premiers hectomètres qui firent digérer très rapidement le petit déjeuner. Personne ne parle de la condition physique. On veut rester crédible. Mais plus on avance, plus ça grimpe et là, curieusement les conversations s'arrêtent. Chacun se consacre sur un objectif essentiel : ne pas être le premier à poser un pied à terre, soit devant la dureté de la pente, soit devant sa petite conscience qui nous dit tout simplement "attention",

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Très rapidement les Terres Noires se présentent pour une première rencontre. Les choses sérieuses commencent. Le terrain devient joueur, technique, bosselé...bref, exactement ce qu'au fond de nous même on est venu chercher. Dans les descentes, nos trois mousquetaires de la veille deviennent champions du monde à nos yeux pendant que le reste de l'équipe serre les freins et avance les chaussures décrabotées....Mais dans les montées, en revanche, le niveau mondial semble avoir pris une autre direction....à oui, c'est vrai, les descendeurs sont en musculaire et les grimpeurs en électrique....

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"Vas-y, passe devant, où attention par la gauche" devient rapidement la phase préférée du groupe. Les uns en montée, les autres en descente. ...Traduction : je suis cuit ou j'ai peur, mais je refuse de l'admettre. 
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Les kilomètres s'enchaînent entre racines, chemins creux, ornières laissant peu de place pour les pédales, bosses et descentes où les freins commencent à demander leur retraite.

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L'un d'entre nous annonce fièrement " Go, j'y vais ". Trois secondes plus tard, on le retrouve entrain de négocier avec un arbre ou entrain de se dépoussiérer après une légère embardée...Rien de grave...juste l'amour du pilotage. ...et une légère erreur de trajectoire,

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Après quelques kilomètres, le groupe commence à ressembler à une équipe de rescapés. Les jambes chauffent, les bras tirent, l'eau est avalé goulûment et la pause est nécessaire pour se déshabiller. Retirer quelques épaisseurs de vêtements est une nécessité. Car si le départ de la journée est sous les 10 degrés, là, la température a grimpé, mais pas que celle extérieure....arrive alors un ravito : véritable oasis au milieu du désert sportif, Une barre énergétique, un fruit sec est englouti avec le sérieux d'un repas haut de gamme. On reprend des forces, on se chambre cinq minutes, une blague sort et surtout, on évite soigneusement de regarder le kilométrage restant avant la pause du midi et revoir Denis qui assurait la conduite du véhicule.

On repart, héroïques...ou inconscients, difficile de faire la différence. Chaque montée devient un duel personnel entre l'homme, le VTT et une pente manifestement mal intentionnée. En haut, personne ne parle, on respire, on recherche le souffle,,, petit à petit, la fatigue gagne du terrain, mais l'ambiance reste au beau fixe. On s'attend, on s'encourage, on apprécie malgré tout la beauté du paysage mais aussi la qualité et la variété de la trace, avec toutes les difficultés que cela comporte, tant physique que psychologique, car parfois, il faut prendre sur soi. Les derniers kilomètres sont avalés à l'énergie, à la volonté pigmentée d'une pointe d'orgueil, d'autant que le ravitaillement se trouve au sommet d'un petit monticule avec une pente à 16*....

Enfin, la pause...avec pour première opération : se mettre torse nu afin de faire sécher nos vetements trempés. puis vient le temps apprécié de savourer les carottes râpées, les chips, la tranche de jambon, mais surtout savourer le carré de chocolat....

Daniel prend la tranche de l'après midi pour amener le véhicule au point du soir et sa mission est de trouver un restaurant car l'hôtel n'assure pas cette prestation...mais la partie n'est pas gagnée car on est dimanche.

Nous reprenons nos montures et d'entrée la pente est raide6c1f7aaf 82d7 4388 ae74 a7dc3a23d397, très raide, mais dans notre malheur, elle est macadamisée. Mais après deux petits kilomètres, Daniel nous phone car le camion ne veut pas démarrer...Avec Michel, il passe en revue toutes les causes possibles pour finir : "trouve un gars dans le coin avec batterie et câble de démarrage "....nous, on se met en pause à l'intersection avec une sente pour aborder le dernier secteur pavé des Terres Noires. Et le miracle se produisit...Daniel nous rappela....il avait trouvé dans un champ un agriculteur, amoureux de VTT, qui le dépanna et lui montra même sa nouvelle acquisition : un VTT...

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On entra alors dans la dernière difficulté....d'entrée le niveau requis dépassé peut être nos compétences dans la conduite de notre deux roues dans ce type de terrain. Paysage lunaire et noir avec des trous, bosses, ravines, dans toutes les directions et des amplitudes phénoménales....

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Personne n'en menait pas large...nous avancions tout doucement, soit en poussant le VTT, soit à cheval sur celui-ci mais avec les pieds au sol, et très rarement assis sur la selle. Et c'est dans l'une de ces périodes que Michel perdit le contrôle de son VTT. Le VTT tomba et, Michel, voulant se rattraper, partit dans la pente, tenta de rester debout, mais la chute fut inévitable.
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Il semblait inconscient et ne bougeait plus. Après quelques minutes, nous l'aidions à se retourner et le positionner afin qu'il est le moins de douleur possible car l'épaule lui faisait très mal. Perdu au milieu de nulle part, dans cet espace lunaire, la seule solution fut d'appeler le 15.

Moins de 15 minutes après l'hélicoptère du peloton de gendarmerie de haute montagne débarquait un médecin et deux autres personnes avec civière. Des pros...après une analyse complète par le toubib, Michel partit par les airs aux urgences de Dignes. 
Notre volonté était de gagner au plus court Dignes et de sortir le plus rapidement de cet espace. La sortie fut compliqué...sortir d'un milieu hostile avec 7 VTT pour 6 cyclistes apporta sa dose de sueur. La route atteint, on cacha le VTT dans un fourré, puis Daniel vint le récupérer pendant que nous regagnâmes l'hôtel. 
Michel a une double fracture de l'humérus et aussi un gros problème au menton. Lundi matin, il fait le point avec les chirurgiens mais devrait se faire opérer mardi. Accident qui aurait pu avoir des conséquences d'une autre dimension....

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L'un des nôtres est immobilisé, loin de ce qu'il aime, loin des chemins et des copains. À partir de cet instant, le groupe n'est plus tout à fait le même. Il manquera demain, une roue, une voix, une blague....On continuera pourtant à avancer, avec une pensée qui nous accompagnera à chaque coup de pedale. Parce que la vie continue, même quand elle nous impose de ralentir. Mais on ouvrira la voie pour ton retour.

On en a bavé. Mais la traversée des Mauges restera dans les mémoires : du sport, des Terres Noires et quelques passages inimaginables que l'on a réussi à franchir.

J4 - Dignes les Bains à Sisteron

il y a des sorties VTT que l'on prépare soigneusement, avec une trace GPS, des jambes reposées, des pneus gonflés au millimètre et la certitude que tout va bien se passer.

Et puis il y a celles où la  montagne écrit elle même le scénario.

Ce matin le départ s'est fait à quelques encablures de la Bléone, principal cours d'eau de Dignes, que l'on longea sur 2 à 3 kilomètres sur piste cyclable.... Agréable en ce début de matinée où la circulation était dense. Nous avions en ligne de mire Sisteron qui était l'étape du soir. Cette traversée, d'après le road book promettait du relief, des chemins, encore des chemins, des panoramas et quelques bonnes souffrances aussi. Dans le Team, les VTT étaient prêts, les bonhommes aussi...enfin c'est ce que nous croyons tous. Le plus calme était Didier qui avait pris la direction du véhicule afin de rendre visite à Michel avant de partir.

Les premiers tours de roues nous amenèrent tranquillement vers le col de Dignes. La fraîcheur du matin fut de courte durée...on quittait la montagne et pour nous le signifier, la végétation devenait complètement différente et la sécheresse devenait visible.

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Devant nous se dressait les montagnes, majestueuses et avant de jouer avec, une pause fut réalisée afin de se mettre en tenue d'attaque et donc de retirer les différentes épaisseurs de vetements que certains portent à l'attaque de toute journée. Les premières difficultés arrivent et les jambes commencent leur conversation avec le cerveau. Une conversation simple : "on monte encore longtemps, oui....ah", c'est une question de domination entre l'esprit et le corps...

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La pente se redresse, le souffle devient plus court, le rythme plus lent et compense la moyenne élevée du départ. Les odeurs de pin, de lavande, la lumière sur les reliefs et le silence des chemins rappellent pourquoi on est là.

Après le secteur du col, direction Mirabeau.

Là, le VTT avance tantôt sur des pistes, tantôt sur des passages plus cassants. Ceux-ci deviennent prépondérants et , à chaque tour de roue, un tiers de la rotation de la roue est perdue. Sauts, roue qui patine où ripe. La conjugaison est parfaite et bien synchronisée. Ici la montagne ne fait pas de cadeau : pierres, racines, bosses, ornières et petits pièges se succèdent. Il faut regarder loin, choisir sa trajectoire et surtout éviter de penser à la distance restante. On a beau anticiper, on passe sans arrêt de droite à gauche et vice versa croyant à chaque fois trouver le terrain qui accrochera les pneus. Que cette montée empierrée fut difficile...8 km mais 500 m de dénivelé, le tout sous une chaleur bien présente. Au fur à mesure de l'avance, la pente se fit plus sérieuse afin de compenser les quelques instants où celle-ci se faisait plus douce. Il fallait bien tenir les conditions de depart. Le cœur des musculaires montait dans les tours, les cuisses hurlaient et chaque lacet semblait avoir été positionné uniquement pour nous enquiquiner.

Mais, au sommet, la récompense fut à la hauteur de l'effort. L'arrêt permet de se désaltérer, de se recharger avec des barres et d'écouter le vent qui passe sur les crêtes, de voir les vallées qui se creusent sous nos yeux et, pendant quelques instants, tout paraît calme et serein..

On oublie les jambes, on oublie la montée et on oublie même qu'il reste encore tant et tant de kilomètres. Mais la descente offre un peu de répit. Les VTT reprennent de la vitesse, les suspensions travaillent, les roues sautent et dansent sur les pierres et je ne sais pourquoi, le sourire revient sur nos visages. C'est dans ces moments là que l'on comprend pourquoi on accepte tant de souffrance dans les montées. Heureusement que quelques secondes de descente peuvent effacer plusieurs minutes de douleur. À la fin d'un petit single Didier se présente avec les victuailles. C'est un moment attendu et nécessaire.

Je profite de cette pause pour injecter une bombe cicatrisante pour le pneu avant suite à une crevaison si la ligne d'arrivée "repas".

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Les kilomètres défilent rapidement ensuite vers Volonne où nous décidons de faire une pause café suite à celui de midi servi à peine tiède. Et de toute façon, nous ne sommes pas en retard. À la reprise, changement de décor, tant par le décor végétal, que l'architecture des maisons et surtout du terrain. L'avant dernière difficulté du jour est un monument escarpé qui entraîne trois chutes, sans gravité car ce n'est plus des pierres acérées mais de petits galets recouverts d'herbes sèches. 
On pense que le plus dur est derrière nous. Erreur, le scénario avait gardé le meilleur gag pour la fin. Après la première crevaison réparée avec une bombe, juste à la sortie de Valonne, la roue était encore à plat. On décida de changer la chambre à air après avoir trouvé et retiré une belle épine. Mais moins de trois kilomètres, rebelote....on regonfla la roue pour tenter jusqu'à la sortie du bois. En haut de la colline, un campement militaire qui me fournit une assistance avec un compresseur et je mis pratiquement 3 kg pour tenir. Mais cela ne servit à rien car le pneu fut encore à plat quelques hectomètres plus loin. ...on retrouva une autre épine, puis un nettoyage complet fut réalisé avant la mise en place d'une nouvelle chambre....

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À la fin de l'opération, épuisé et las, nous décidâmes, devant l'horaire qui avait défilé, de rentrer par la route afin de profiter d'une petite heure de répit après la douche. Après la bière traditionnelle de fin d'étape, certains partirent visiter Sisteron avant de finir la soirée avec un petit repas en extérieur, face au rocher de Sisteron. Nous dîmes au revoir à Arnault qui prend le train tôt mardi matin....

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L'étape du jour était de 54,2 km pour 1090 m de dénivelé positif.

J5 - Sisteron à FORCALQUIER via la montagne de Lure

Bienvenue dans l'Enfer, avec option Mur d'Escalade

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A peine 5 petits kilomètres pour s'échauffer...puis le parcours. Quel parcours ? Une merveille de sadisme montagnard. A certains endroits, ce n'était plus une randonnée VTT, c'était une tentative collective de gravir l'Himalaya avec un VTT sous les bras. Des pentes tellement raides qu'on cherchait les prises d'escalade dans l'herbe. Des murs littéralement ! À croire que l'organisateur avait confondu "randonnée VTT " avec stage commando pour futurs Sherman.

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A savoir si l'organisateur n'avait pas préparé un coup...il avait une excuse....la conduite du véhicule. Contrairement aux autres, il a sauvé ses poumons et une grosse fatigue. Les courageux, eux, ont attaqué cette nature hostile et réalisé 17 km en 3h20...Dit comme cela, ça parait tranquille...sauf qu'en réalité, ils ont dû passer une bonne partie du temps à porter, tirer, pousser, négocier avec leur VTT...
 

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À certains moments ils étaient 4, oui 4 pour tirer et monter un VTT en haut du monticule...Ils n'étaient plus dans le VTT, mais dans un déménagement de précision en terrain hostile.Vude loin, je pense que même les VTT ont fini par les regarder et leur dire :"écoute, camarade...soit on redescend, soit on reste ici et on devient du mobilier montagnard ". En parlant de rester ici, certains étaient pas loin de rendre les armes...
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Bref, 17 km en 3h20, avec des murs d'escalade, des portages dignes d'un trek au Népal et des équipages de 4 personnes pour déplacer un seul vtt....pour en monter 5, je vous dis pas...

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Démentiel, inhumain mais MAGNIFIQUE.

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Moi, pendant ce temps là, tranquillement je chargeais le camion car je voulais qu'ils partent vite car une etape de plus de 60 km avec le ravitaillement à 41 km....Après achat du ravitaillement, l'appel téléphonique afin de savoir si tout se passait bien fut bref car les amis étaient dans l'effort total. Même au téléphone, le souffle était court et saccadé. Aussi, après avoir appris que mes amis étaient au km 10 après plus de deux heures de déplacement, j'ai consulté la trace et trouvé un point d'intersection entre circuit routier et trace VTT beaucoup plus proche....au lieu de 42 km, la pause se fit à 17,5 km. Pour récupérer, la préparation du cadre fut minutieuse...
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À la pause, dans un premier temps, la troupe de sportifs ne causait guère, plus dans la recherche à faire surface après tant d'efforts....Je leur proposais une alternative pour l'après midi d'autant que je laissais la place de chauffeur à Claude. Au lieu de 45 km dans une nature incertaine, une solution de 36 km, via 32 km par la route et le reste, en final, se réconcilier avec dame Nature. Pour une fois, cette idée fut adoptée à l'unanimité... Nous arrivâmes à notre hébergement en pleine nature sous forme de tentes safari au milieu de champs de lavande.

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Et la soirée se termina à FORCALQUIER, en terrasse, puis par une petite déambulation dans la cité...

J6 - FORCALQUIER A La Tour d’Aigues

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Dernière journée de notre raid VTT Alpes Provence et quelle dernière étape....Pour terminer cette belle aventure, nous avions encore un joli morceau de bravoure au programme : 72 km et 1600 m de dénivelé...sans compter, pour certains, une petite erreur d'aiguillage qui rallongea la sauce de quelques kilomètres.

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Autant dire que les montées du jour étaient particulièrement raides et qu'il y fallu puiser un peu dans les réserves. Après plusieurs jours à enchaîner les kilomètres, les jambes commençaient sérieusement à se rappeler à notre bon souvenir! Mais comme toujours, chacun a trouvé les ressources pour avancer, encouragé par les paysages magnifiques et surtout par la bonne humeur du groupe.

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Et il faut bien parler de nos valeureux VTT musculaires...Après avoir affronté les pentes et les kilomètres, dans la dernière demi-etape, les pilotes ont décidé de poursuivre l'effort d'une manière quelque peu différente : ils ont pris le volant du véhicule l'après midi.... Une reconversion temporaire en chauffeurs, bien méritée après tous les efforts consentis sur les chemins...Les électriques, avions de l'admiration.

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Cette dernière sortie était aussi l'occasion de profiter une dernière fois de ces magnifiques paysages de Provence et plus particulièrement du parc régional du Luberon. Très peu de petites routes, beaucoup de chemins, de longues et parfois très pentues descentes, bien souvent très caillouteuses. Mais aussi des montées très abruptes !!! et surtout cette sensation agréable d'avoir partagé une vraie aventure sportive et humaine.

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Et côté météo, nous avons franchement été gâtés! Six jours splendides, avec des conditions idéales pour rouler et profiter pleinement de cette très belle région, ces belles régions traversées grâce à la trace. Et comme si la météo avait organisé spécialement pour nous, la pluie a attendu notre dernière soirée pour faire son apparition...au moment où nous étions installés au restaurant à apprécier notre dernier pastaga. 
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Difficile de demander mieux : six jours de beau temps, de parcours magnifiques, de très belles suées, des kilomètres plein les jambes, des éclats de rire et une pluie qui arrive juste quand les VTT sont rangés sur la remorque et que nous sommes à table.

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Nous avons profité de cette dernière soirée douce pour assurer une liaison téléphonique tri partie avec Michel, Arnault et l'Equipe. Moment très fort. Tous étions très heureux de retrouver Michel, qui après son opération avait eu le feu vert pour remonter avec nous. 
Au final, ce raid restera comme une superbe aventure entre copains, faite de beaucoup de sport, de paysages que l'on n'avait jamais rencontrés, de dépassement de soi à des niveaux élevés, de solidarité et de beaucoup de bonne humeur qui forment cette belle équipe.

Ainsi se termine cette saison, nôtre dixième aventure partagée.

Date de dernière mise à jour : 01/10/2026

Commentaires

  • Nathalie

    1 Nathalie Le 30/09/2026

    Bonjour, profitez bien de votre dernière journée.
    J'espère plus cool qu'hier.
    Merci pour vos belles photos .
    Nathalie
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 01/10/2026

    Merci beaucoup pour ton message
  • laurence

    2 laurence Le 30/09/2026

    Merci pour le blog mon kiki et pour les photos de chacun c'est magnifique mais la montagne ne fait décidément aucune concession ni aux humains ni a leur montures vous voir pousser et tirer les velos à plusieurs car sans force dans une nature hostile me laisse sans mot.... déterminés vous l'êtes tous et un peu fous aussi... heureusement que cela se détermine demain et que vous n'avez pas eu de pluie car j'imagine le cauchemar quand les sentiers se transforment en torrents... une pensée pour Michel qui va morflé avec la douleur bras, machoire et hématomes alors reste une journée ou deux sur place et sous surveillance avant de remonter pour être apaisé et avoir moins de douleurs.
    Ils font être sacrément motivés et sportifs pour faire ce que vous avez fait et vous pouvez être fiers de vous mais je et nous serions plus rassurées si vous visiez moins haut et preniez plaisir a découvrir une région sans tant de challenges!!!! à méditer pour l'année prochaine... des bisous à tous
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 01/10/2026

    Quel joli petit mot…Gros bisous
    L’an prochain tu nous accompagneras pour tenir le blog
  • Katia

    3 Katia Le 29/09/2026

    Que de périples
    Que de péripéties
    Que de surpassement
    Que de challenges
    Que d’échauffements musculaires
    Fière de toi❤️❤️❤️❤️
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 01/10/2026

    Gros bisous ma fille
  • Chantal B

    4 Chantal B Le 28/09/2026

    Désolée pour la répétition de mon message
    Mon ordi a beugué
    Chantal B
  • Etienne Jean-Luc

    5 Etienne Jean-Luc Le 28/09/2026

    Bonjour aux vénérables sportifs,
    Très beau reportage avec de belles photos accompagnées de commentaires qui nous font vraiment vivre votre périple de l'intérieur.
    Je suis admiratif de votre volonté à toute épreuve et de votre courage. Bravo!
    Je pense à notre ami Michel qui a malheureusement chuté, je lui ai envoyé une petit message de soutient sur sa messagerie perso.
    Bonne continuation et encore bravo!
    A très bientôt dans notre impasse accueillante, sans dénivelé ni descente.
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 28/09/2026

    Merci Jean-Luc et c’est avec peine que nous avons laissé Michel sur le bord du chemin
    À bientôt
  • Marie France Detruit

    6 Marie France Detruit Le 28/09/2026

    Bonjour à tous,
    Je pense bien à Micmac. Je lui souhaite un bon rétablissement. J'espère que pour sa mâchoire, tout se passera bien.
    Je connais les Terres noires et leurs degrés d'engagement.
    Bonne continuation au groupe tronqué de notre Make Gyver .
    Marie
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 28/09/2026

    Merci Marie
    Les Terres Noires sont très belles mais très techniques et le moindre écart se paye cash
    Michel sera opéré mardi du bras et pour la mâchoire cela devrait se réparer tout seul
    Bises
  • Gilles

    7 Gilles Le 28/09/2026

    Bonjour et bon courage à tous.
    Surtout un bon rétablissement pour Michel en ces moments difficiles pour lui.
    En espérant que ce mail te parviendra car je n'ai pas retrouvé celui que je t'ai envoyé le premier jour ... par contre j'ai vu 12 fois celui d'une certaine Chantal B !
    Gilles
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 28/09/2026

    J’ai bien reçu ton premier message et j’ai répondu…ai je fait une fausse manipulation car le blog est fait à des heures inavouables…Michel sera opéré demain matin pour le bras et devrait rentrer sur Bourges jeudi ou vendredi
    Amitiés
  • Raymond/Maryse Bonnefoux

    8 Raymond/Maryse Bonnefoux Le 28/09/2026

    Bon courage à vous tous et surtout, un bon rétablissement pour Michel, en espérant qu'il ne souffre pas trop.
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 28/09/2026

    Merci les voisins
    Pour Michel, opération mardi du bras et retour sur Bourges jeudi ou vendredi
    À bientôt
    Amitiés
  • Chantal B

    9 Chantal B Le 28/09/2026

    Ooooh paysages grandioses, je découvre cette région que je ne connaissais pas, cela fait bcp envie;
    Bravo pour votre pugnacité !!!!
    Bravo pour votre complicité !
    Mais restez prudents, pas de folie, je pense à Michel....Sacré Frayeur !!!! Les secours ont assuré.
    Profitez de ces magnifiques panoramas,
    Tout nos voeux de rétablissement à Michel, on pense à lui
    Bises à Tous
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 28/09/2026

    Peu importe l’ordinateur…l’important est l’intention
    Merci à toi Chantal
  • Chantal B

    10 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    11 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    12 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    13 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    14 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    15 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    16 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    17 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    18 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    19 Chantal B Le 28/09/2026

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  • Chantal B

    20 Chantal B Le 28/09/2026

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    Bises à Tous
  • laurence

    21 laurence Le 28/09/2026

    Dimanche très compliqué dans ce milieu hostile et dangereux il y a ceux qui regardent trop la pub Raid Bull donne des ailes!!!!! et certains comme mon kiki qui doivent être un peu coincé par la peur surtout dans les descentes.... encore une expérience pour tous sauf que Michel et vous tous avez du avoir une belle frayeur j'imagine heureusement les secours rapides des PROS et à l'hopital de Digne ils savent comment gérer car c'est leur lot quotidien donc il est entre de bonnes mains. Bisous à tous
  • Chantal et Jean-Paul

    22 Chantal et Jean-Paul Le 27/09/2026

    C'est dommage que les photos ne permettent pas d'apprécier la vitesse des champions !
    Profitez bien de cette région, les cols de l'Ubaye font partie de nos meilleurs souvenirs de vélo de route.
    Bravo à tous et bonne continuation.
  • Arthur MABILAT

    23 Arthur MABILAT Le 26/09/2026

    Bonne aventure à vous tous
    Les paysages sont magnifiques, profitez bien
    Elise, Arthur et Léo
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 27/09/2026

    Merci beaucoup de votre petit mot et on vous écoute tous car on profite au maximum..
  • Christine

    24 Christine Le 26/09/2026

    Cc à vous tous
    Dénivelé,kms,chutes ,marmottes,magnifiques paysages,refuge,ronflements….vous savourez chaque instant et surtout vous partagez,soudés en une belle équipe qui n’a qu’un but :PROFITEZ !!!!
    C’est un plaisir chaque matin de lire les mots de Christian et de découvrir votre aventure.
    ‍♂️‍♂️‍♂️et .
    Bises
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 27/09/2026

    Coucou
    Oui la mise en route est parfois laborieuse surtout qu’il faut, nous petits hommes, arriver à conjuguer plusieurs choses en même temps…mais on avance et on prend un plaisir immense
    Bises
  • laurence

    25 laurence Le 25/09/2026

    les photos sont magnifiques et je suis en totale osmose avec dame nature sur le fauteuil devant l'écran et Baba de votre courage car il faut en vouloir et ce n'est que la première journée..... bon repos car demain si j'ai bien compris c'est la plus grosse et dure journée en terme de dénivelé alors nuit bonne et demain nouvelles aventures à vivre et à nous faire vivre.... Bravo l'équipe et restez vigilents et profitez de ces moments intemporels et divins devant ces superbes paysages. Bisous à tous
    jeannin-christian

    jeannin-christian Le 27/09/2026

    On n’est pas fou. On aime l’aventure et là, on est servi. Et dame nature est vraiment belle et nous ouvre ses bras
    Bisous
  • laurence

    26 laurence Le 25/09/2026

    Que l'aventure commence!!! je vous sens tous impatients et déterminés alors GO... mais pas d'imprudence et ne vous laissez griser par l'altitude.
    Du courage il va en falloir et des bisous il en faut aussi!!

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